Histoire de Bourges
Le territoire du département du Cher représente une
moitié nord-orientale de l'antique cité des Bituriges.
A partir d'Avaricum-Bourges, la ville principale, des
voies rayonnaient vers Clermont et Lyon, Poitiers et
Saintes, Tours, Orléans. Des agglomérations
secondaires (vici) étaient établies le long des axes
routiers, particulièrement au passage des cours d'eau.
Des villages structuraient l'espace rural, plus de deux
cents de ces domaines agricoles, dont certains
s'étendaient sur plusieurs centaines d'hectares,
sont identifiés sur le territoire départemental.
Certains sites à vocation politique, accueillaient
régulièrement la population rurale pour des jeux,
des pratiques religieuses collectives, le règlement
d'affaires de justice, voire la tenue des marchés.
Quatre sont connus : Drevant, Neuvy-sur-Barangeon,
Baugy et Thaumiers, qui associent le théâtre,
bains publics et sanctuaires.
Une grande partie du réseau d'agglomérations antique
est à l'origine des hameaux, bourgs et villes du département.
Histoire de la Cathédrale de Bourges
En 1195 Henri de Sully, archevêque de Bourges, frère de Eudes de Sully,
évêque de Paris, fait une donation au chapitre de la
cathédrale de Bourges. Ce texte est considéré comme le point de
départ de la mise en oeuvre d'un nouvel édifice destiné à remplacer la cathédrale romane. Celle-ci datait en partie
du XIème siècle, en partie de XIIème.
De cette cathédrale on sait peu de choses. Elle avait été précédée
au même emplacement par d'autres églises dont on ne peut
rien dire de certain. On avait peut-être songé dans un premier temps à l'agrandir et à l'embellir. Mais il semble que le choix d'une construction entièrementnouvelle soit dû à l'état de délabrement dans lequel elle se trouvait.
Bourges se situait à l'époque à la limite sud du domaine royal.
A quelques lieues de la ville, commençait l'Aquitaine,
possession anglaise. Mais l'archevêque de Bourges avait le titre
de Primat d'Aquitaine. Son autorité, souvent contestée,
s'étendait jusqu'à Bordeaux.
La construction de ce premier édifice gothique construit au sud de la Loire, comparable à la cathédrale royale qu'était ND de Paris,
était d'une grande importance aussi bien pour le prestige du Roi de France que pour celui de l'archevêque.
Le choix fut donc fait d'une construction de grande envergure,
comparable à Notre Dame de Paris et innovante.
Pour ce faire il fallait construire au-delà du vieux mur d'enceinte gallo-romain sur lequel s'était appuyé le chœur roman et déborder dans les fossés. La différence de niveau nécessitait la construction d'un soubassement qui anticipe exactement le plan
du chevet. C'est l'église basse que l'on appelle à tort la crypte.
De 1195 à 1214 construction de près de la moitié de l'édifice,
qui correspond à un peu plus du chœur actuel.
Après une interruption d'une dizaine d'années, la deuxième campagne de construction commence en 1225 et se poursuivra jusqu'en 1230. A cette date le gros oeuvre est terminé.
Ensuite les travaux de la façade se sont ralentis. En 1313 on dut étayer la tour sud, dans laquelle étaient apparues des fissures par un énorme "pilier butant". Cette tour n'a jamais eu de cloches et porte depuis le nom de "tour sourde". D'autres travaux de consolidation de la façade furent entrepris, mais la tour nord était restée inachevée lors de la consécration de la cathédrale le 13 mai 1324.
A la fin du quatorzième siècle la façade est modifiée par la construction d'un vaste fenestrage : le "grand housteau".
C'est de cette époque également que dataient un faux transept et une flèche qui subsistèrent jusqu'au 18ème siècle.
Lorsqu'on voulut achever la tour nord, à la fin du XVème siècle celle-ci s'écroula. Elle fut remplacée par la tour actuelle, la "tour de beurre", ainsi nommée parce qu'elle fut en partie financée par les sommes versées par les fidèles et qui leur valuent d'être dispensés de jeûne pendant le carême.
Lors des guerres de religions, en 1562, Bourges ayant été prise par une troupe protestante, le décor sculpté de la cathédrale subit de graves déprédations.
Au XIXème siècle on ajouta les balustrades des toits et les pinacles sur les contreforts et les porches latéraux.
La cathédrale a été inscrite en décembre 1992 sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.
Hisoire des Marais de Bourges
Les terrains marécageux qui entouraient Bourges ont longtemps assuré la défense de la ville. Au 18ème siècle, les jésuites achètent une partie de ces "marais" et les louent à des particuliers qui les transforment en parcelles cultivables...
Ces marais, communément appelés « marais de Bourges », s'étendent au nord-est de l'antique éperon barré d'Avaricum, capitale des Bituriges, et représentent le précieux et dernier reliquat des marécages, successivement défensifs, puis nourriciers, qui entourèrent longtemps cette cité.
Aujourd'hui, ils constituent un vaste ensemble jardiné, agencé par un système hydraulique ancien mêlant terre et eau, lieu de production potagère d'appoint et de loisirs. Au cœur de la ville, cet espace de 130 hectares, entièrement modelé et entretenu par l'homme depuis des siècles et actuellement réparti entre plus de 1000 propriétaires, regroupés en associations syndicales, présente un attrait paysager indéniable.
L'attrait visuel de ces jardins au cœur de la ville se double d'un attrait invisible, relevant de la sensibilité de chacun. C'est ce témoignage qu'il faut préserver, en même temps que le caractère pittoresque d'un espace jardiné entre ciel et eau, tout proche de la cathédrale et du centre ancien. Quand à la gestion de l'eau proprement dite (prévention des inondations, entretien des digues, curage, salubrité...), elle relève à la fois du bon usage de ces marais, dont se préoccupent les associations de propriétaires et locataires, et de la régulation d'un ensemble hydraulique plus vaste englobant le bassin des rivières concernées, l'Yèvre et l'Auron.
Une inscription au titre des sites sur les parcelles bâties qui entourent le marais, intervenue par arrêté ministériel du 23 septembre 2003, complète le classement.